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jeudi 11 février 2016

Allaitement : le manque d'information des professionnels de santé !

Voici une expérience sur l'allaitement que je voudrais partager, parce qu'à l'heure où tous les médias disent qu'il "revient à la mode", et où l'OMS l'encourage plus que jamais, je trouve anormal que des généralistes, qui sont les porte-parole sanitaires de la majeure partie de la population, véhiculent encore des informations inexactes, qui compromettent l'allaitement de beaucoup de femmes peu informées qui leur font confiance !
Je précise que ce n'est pas une attaque contre mon médecin, qui est une femme très compétente par ailleurs. Je souhaite plutôt souligner un manque de la part des autorités sanitaires, qui se contentent de campagnes médias de masse, sans s'assurer des informations véhiculées par les professionnels de santé à qui nous faisons confiance tous les jours, comme les pédiatres et généralistes qui suivent nos enfants !

Voici l'histoire : à la visite des 3 mois de ma fille, ma généraliste la pèse (6,2kg de mémoire), et me pose quelques questions sur la façon dont je la nourris (je l'allaite à la demande). Lorsque je laisse échapper que je la nourris encore la nuit , elle s'écrie que ce n'est pas normal, qu'elle n'a plus besoin de manger la nuit, qu'elle est à la limite (supérieure) de la courbe de croissance et que si ça continue elle pourrait avoir des problèmes de poids. Elle m'a même parlé d'obésité !! Je lui réponds qu'on m'a toujours dit que l'allaitement devait se faire à la demande et qu'au contraire cela diminuait les risques de surpoid. "Pas du tout", me dit-elle, "pas quand ils font ce poids là, il faut arrêter de la nourrir la nuit, donnez-lui un biberon d'eau, elle arrêtera très vite de se réveiller!". Autant vous dire que j'étais choquée ! Moi qui m'étais beaucoup documentée sur l'allaitement, avais passé des heures sur le site de la Leche League, accouché dans un hôpital "Ami des Bébés", allaité déjà un premier enfant, j'ai eu un énorme doute ! Je suis rentrée chez moi confuse, je ne savais plus quoi penser ! Je savais que mon bébé tétait plus par besoin de contact et de succion que par faim, d'ailleurs cela ne dure que 5 à 10mn maxi, une fois dans la nuit. De plus, elle a toujours refusé la tétine et ne suce pas encore son pouce, je risquais donc de la perturber en lui refusant le sein la nuit. J'entendais déjà dans ma tête les hurlements désespérés de mon bébé inconsolable...
Mais comme je suis prudente j'ai cherché à savoir (merci internet !) ce qu'il en était des autres bébés allaités du même âge. Et je n'ai pas eu besoin de chercher longtemps pour être rassurée : apparemment beaucoup de bébés allaités de cet âge là sont dans le haut de la courbe de croissance, et pour cause : Les bébés allaités ont une courbe différente. Ils prennent plus vite les premiers mois et la prise de poids ralentit vers 3/4 mois, c'est exactement le contraire des bébés nourris au bib ! Le problème étant que les carnets de santé des bébés français ont encore les courbes de croissance effectuées à partir d'un échantillon de bébés dans les années 70 ou 80, en plein dans l'époque où la mode était au lait en poudre. Elles ne sont donc pas du tout adaptées au contrôle de l'évolution d'un bébé allaité ! D'ailleurs, en comparant avec la courbe de l'OMS pour les bébés nourris au sein, 6kg pour un bébé de 3 mois c'est pile dans la moyenne (courbe des 50%). Me voilà rassurée et confortée dans mon idée de continuer mon allaitement à la demande, même la nuit ! D'ailleurs 2 mois plus tard, elle est à 7,170kg, ce qui fait moins de 500g par mois depuis.

Après le soulagement, c'est l'agacement qui a pris le dessus... C'est incroyable, et dire que si j'avais été un peu moins informée et convaincue j'aurais peut-être suivi les recommandations de mon médecin, perturbant ainsi le rythme de l'allaitement qui se passait si bien, et le bien-être de ma fille qui passe pour moi avant tout (même avant mon sommeil) ! Cela me met en colère même ! Tout ça à cause d'un manque d'information et d'un carnet de santé pas à jour ! Au lieu de refaire les manuels scolaires pour enlever les accents circonflexe, commencez donc par refaire les carnets de santé,en intégrant les 2 courbes (je respecte celles qui font le choix du lait maternisé) !

Ce cas est loin d'être le seul : la belle-soeur d'une amie a arrêté d'allaiter son fils parce qu'il avait un RGO et que son médecin lui a dit qu'il avait besoin d'un lait épaissi. Grosse erreur ! En effet, le mieux pour un bébé RGO, c'est l'allaitement, car le lait maternel est moins agressif et ses propriétés sont même idéales pour protéger les tissus agressés par les remontées acides. Le lait épaissi n'est à utiliser qu'en remplacement du lait en poudre classique. Arrêter l'allaitement était donc une aberration dans ce cas, surtout que tout se passait bien et que cette femme aurait continué si son médecin ne l'en avait pas dissuadée. Et je sais de quoi je parle : ma première était aussi un bébé RGO, cela a duré jusqu'à l'âge de 14 mois, avec de grosses difficultés, respiration ronronnante en permanence, coucher en position proclive... Je ne suis passée au lait épaissi que lorsque je suis passée en allaitement mixte pour retourner au travail.

Et je connais d'autres cas encore : une autre amie n'a pas allaité son premier, car son médecin lui a dit qu'elle n'avait pas assez de lait, alors qu'il faisait juste un pic de croissance. Au deuxième elle a été mieux suivie et s'est rendue compte de l'erreur qui avait été faite pour le premier. Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup de cas pour une seule personne ?! Combien d'autres y en a-t'il encore ?!!

J'ai lu que l'allaitement permet de grosses économies au système sanitaire, alors soyons logiques : commençons former les professionnels de santé qui suivent nos enfants, et mettre à disposition une documentation médicale à jour ! Ceci afin que toutes les mères qui souhaitent poursuivre l'allaitement puissent le faire, dans de bonnes conditions, quel que soit leur degré de connaissance sur le sujet. Avis au ministre de la santé publique !

samedi 9 janvier 2016

Accoucher dans une maternité "Amie des Bébés" (label IHAB)



Aujourd'hui j'ai envie de vous parler d'une belle découverte...


Pour ma première, j'avais accouché près de chez moi, dans un hôpital privé assez connu en région parisienne : l'hôpital Franco-Britannique à Levallois. A l'origine une petite structure privée, qui malheureusement aujourd'hui, comme tous les hôpitaux parisiens, croule sous les inscriptions. Pour les visites il faut donc s'y prendre 2 mois à l'avance pour avoir un Rdv,  mais impossible d'appeler plus de 2 mois avant car les plannings ne sont pas disponibles,  ce qui fait que vous avez à peu près 3 jours de battement entre "Nous n'avons pas encore les plannings" et "Désolée Madame, il n'y a plus de place pour ce mois-ci" ! Tout, ça pour arriver 20mn en avance (c'est la règle) à un Rdv pour lequel vous attendrez finalement 1h ou plus car ils sont toujours en retard. A part cela, je garde quand même un bon souvenir de mon premier accouchement car les sage-femmes et le personnel médical sont super !

Je m'étais donc tout naturellement réinscrite pour la deuxième (bon si troisième il y a je vais y réfléchir à deux fois parce que perdre une demi journée à chaque fois pour une visite de 20mn franchement cette fois ça m'a gonflé!). Oui mais voilà, le destin s'en est mêlé, parce qu'entre les contractions précoces qui m'ont obligée à m'arrêter de travailler tôt, et ma fille de 18 mois qui était trop fatigante pour sa maman censée être au repos, j'ai finalement atterri chez mes parents, dans la Vienne, à quelques km de l'hôpital de Chinon. Nous y avons donc passé l'été, et comme je risquais d'accoucher prématurément, je m'étais préparée à l'éventualité d'y accoucher si bébé arrivait plus tôt que prévu. Une fois septembre arrivé (le mois du terme), j'avais prévu de rentrer à Paris pour être près de l'hôpital où j'étais inscrite...

Mais en fin de compte, plus les jours passaient et plus j'espérais accoucher un peu avant, et donc à Chinon. L'idée qui n'était à la base qu'un dernier recours commençait à me plaire, je ne voulais pas non plus laisser ma Valeria seule indéfiniment en attendant ce bébé qui finalement ne voulait plus sortir. J'ai donc décidé de ne rentrer à Paris que la semaine du terme. Mais dans les dernières semaines j'ai fait plusieurs faux travails et atterri à l'hôpital pour un contrôle. Il nous a fait très bonne impression : relativement récent, il a avait bien meilleure mine que la plupart des hôpitaux parisiens !! Les sage-femmes aussi étaient au top : détendues, à l'écoute...

J'ai donc décidé de tenter ma chance et demander s'il serait possible de transférer mon dossier pour accoucher là. A une semaine du terme à Paris on m'aurait ri au nez ! Ici, aucun problème. Je crois même que vu le nombre d'accouchements (environ 500 par an pour une quinzaine de chambres), ça les arrangeait presque : ça fait vivre l'hôpital. Il faut savoir qu'à Paris certains hôpitaux payent des pénalités parce qu'ils dépassent le quota d'accouchements autorisés, tandis qu'en province de hôpitaux indispensables parce que seuls à des kilomètres à la ronde, peinent à rester ouverts parce que leur bilan est négatif ! En somme, ils ont transféré mon dossier en moins de 30mn et tout le monde était gagnant !

En plus d'être beaucoup moins débordé que les hôpitaux parisiens, celui de Chinon à un autre point positif : c'est une maternité "Amie des Bébés", qui met tout en oeuvre pour favoriser l'allaitement chez les mamans qui le souhaitent, et prodigue soins et conseils dans le respect du rythme du bébé, pour que sa venue au monde soit le plus paisible possible.

Comme c'est mon deuxième accouchement, voici ce que j'ai relevé de particulièrement positif par rapport au premier :


  • Acupuncture : le jour du terme je suis venue pour un contrôle et la sage-femme à senti que j'étais particulièrement stressée (fatiguée, peur de devoir attendre encore 1 semaine avant d'accoucher, angoissée à l'idée de ne pas arriver à gérer 2 enfants en bas âge en même temps...). Elle m'a donc proposé une petite séance d'acupuncture. J'ai adoré non seulement la séance mais aussi le fait qu'on me cocoone. Après j'étais détendue et j'ai décidé de profiter de ma journée et d'arrêter de me demander quand bébé arriverait... hasard ou conséquence : le travail a commencé la nuit suivante.
  • Peau à peau : ma fille est née vers 6h30 et je l'ai gardée en peau à peau jusqu'à 15h. Rien ne vous y oblige mais dans cet hôpital on encourage le peau à peau le plus longtemps possible, surtout le jour de la naissance. Ma fille est restée sur moi jusqu'à ce que sa température soit stabilisée (c'était un bébé bien portant, ne nécessitant aucun soin particulier, le peau à peau était juste pour son confort). Non pas qu'on vous en empêche dans les autres hôpitaux, mais on encourage rarement un peau à peau aussi long.
  • Allaitement : c'est le but premier du label, et il est largement mérité car j'ai été vraiment bien entourée dans la mise en place de mon allaitement, j'ai appris de nouvelles choses alors que j'avais déjà allaité ma première et que j'étais bien informée sur le sujet, et la montée de lait qui avait été traumatisante la première fois (je suis du genre très productive) s'est très bien passée grâce aux conseils reçus.
  • Bien-être : tout est fait pour favoriser le bien-être de la maman et du bébé. Dès la première nuit, on m'a donné les bons conseils pour apaiser bébé avait du mal à dormir dans un berceau froid et rigide après avoir passé 9 mois dans le ventre de maman. Je l'ai gardée auprès de moi avec le coussin d'allaitement et nous avons pu dormir toutes les 2, tandis que pour mon premier accouchement je n'avais pas fermé l'oeil pendant tout le séjour à la maternité et j'en avais gardé un très mauvais souvenir.
  • Respect du rythme de bébé : ici, on ne donne le premier bain que le jour de la sortie. Cela permet au bébé de ne pas se refroidir alors que la naissance est déjà un traumatisme, et de garder sur lui l'odeur rassurante de sa maman, le temps de s'habituer à son nouvel environnement.

Je n'ai pas eu de problème particulier avec l'allaitement mais un autre point fort des hôpitaux portant le label IHAB, est qu'ils assurent également un suivi de proximité de l'allaitement. Pour toute question, il est possible de contacter les sage-femmes une fois rentrée à la maison. Et c'est trèsimportant, car souvent les médecins généralistes et pédiatres s'y connaissent à peine plus que le commun des mortels en allaitement, et par des conseils erronés ils compromettent parfois involontairement celui-ci. Je connais plusieurs cas, et j'ai même une anecdote personnelle avec mon généraliste, à laquelle je consacrerai un article, dans l'espoir de contribuer à faire avancer les choses en faveur de l'allaitement.

En conclusion, cet accouchement fut une très belle découverte et je conseille à toutes celles qui en ont la possibilité, de choisir une maternité "Amie des Bébés", que vous choisissiez d'allaiter ou non.